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De la fleur ou du fruit, tu trouves ton origine. Quelquefois belle, toujours petite et pleine de vie Tu apparais sur la fleur épanouie ou dans le fruit pourri Sais-tu qu’ils resteront le souvenir du beau et du bon ? Et que toi, la graine, tu représentes leur avenir Tu es l’espoir du renouveau du cycle de la vie.
Recouvert de ton armure, de ta protection hivernale Ta pulpe généreuse patientera longtemps dans la terre, Souvent dans le froid, et toujours sans lumière Un mois, un an, deux ans, peut-être plus Tu seras oubliée dans le silence du temps qui passe. Dans la nuit, pendant que tant de vivant trépasse Tu es là, immobile, figée dans le néant terreux. Penses-tu ? as-tu une âme ? domines-tu ton destin ?
Toi, petite chose oubliée, Dans l’humus cachée, Vis-tu avant de germer ? Ou subis-tu le hasard ? Pendant que tu dors, Que tout s’agite dehors Pendant que tu attends, À la lumière, la vie s’étend
N’oublie pas, que tu fonctionnes à l’envers Que les hommes morts sont mis en terre Alors que toi, c’est de la terre que tu naitras Dans une explosion de sève tu apparaitras.
Petite graine, connaitrais-tu déjà ton destin ? Sais-tu, là, dans ta tombe végétale ce que ta vie sera ? Ce que de toi-même, demain, quel végétal naitra ? Une fleur, un légume, une mauvaise herbe, une ortie ? Sais-tu que nous disons de toi que tu es l’espoir ? Non, bien sûr, ce n’est pas possible, tu ne peux pas le savoir. Que dis-tu ? Un arbre, un chêne robuste et solide. Non ! Serais-tu le gland qui, de si haut tomba, Rebondissant de branche en branche Puis, ricochant sur le rocher, tomba dans l’eau. Ce serait toi, le gland qui flotta au gré du courant Pour t’échouer près de chez moi. Toi, le gland que l’oiseau s’empara sur la rive Pour par le ciel le transporter dans mon jardin.
Alors ! Toi, la graine, tu serais ici, sur mes terres Sous mes terres, au milieu de ma pelouse, secrètement cachée Pour attendre que la terre se réchauffe assez, Et que, lentement, tu puisses germer.
Mais alors ! Chaque graine qui s’envole propulsée par le vent, Chaque graine qui flotte au gré des flots, Chaque graine que le hasard transporte Assurerait le renouveau de la vie jusqu’à nos portes.
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