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Portail Guides de la bourse Crise : Les pousses vertes ont cramées
 
Crise : Les pousses vertes ont cramées PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par The cat   
Samedi, 11 Juillet 2009 21:10

Bourse"Green shots" en anglais dans le texte.

C'est ainsi que Obama s'est exprimé le mois dernier à propos de l'économie, afin de signifier qu'il voyait des signes de reprise et la fin de la crise si tout se passait bien d'ici la fin de l'année.

Ces jeunes pousses si prometteuses n'étaient pourtant pas dans la prairie de l'économie réelle, mais plutôt dans celle de la finance.

Ainsi donc, le fait que le marché reparte à la hausse était un signe, puisque tel un oracle : "le marché à tendance à avoir 6 mois d'avance sur le marché réel" selon les experts.

Étrange donc de faire preuve d'autant de confiance dans la bourse, alors que l'on sait que celle-ci est dysfonctionnelle depuis maintenant 2 ans, à cause d'une volatilité et une suractivité. Et même pire, en raison des plans de relances, ne peut pas correspondre à la réalité et là-dessus les traders avouent ne pas utiliser ces indices pour investir en raison de leur manque de pertinence.

De la même manière, parmi les jeunes pousses vertes, les experts ont notamment mis en lumière que la situation, bien que toujours en récession se dégradait de plus en plus lentement, signe d'après eux, que l'environnement économique commençait à se retourner.

Il est vrai que l'économie américaine ne supprime "seulement" 500 000 emplois par mois contre 600 000 durant les 2 derniers trimestres.

Et en plus de ça, les indices de confiance semblaient bien leur donner raison, les consommateurs et les industriels commençant à voir « moins sombre » (mais toujours négatif, et donc signe de récession).

Pourtant, ces jeunes pousses, au nombre de 2, viennent de cramer.

En effet, les indices boursiers n'arrivent pas a dépasser le seuil de résistance, indiquant que la hausse des 30% de ces derniers mois et une réponse purement technique à la chute d'autant . Ainsi donc, nous avons connu cette semaine une semaine de baisse, pourtant, il y avait des bons indicateurs, dont les bourses mondiales se servaient pour monter et ignorer les autres indices.

Cette fois, impossible de monter au-dessus pour la simple et bonne raison que rien ne justifierait de valoriser plus les entreprises. Il n'y a donc pas de signe de départ, pas de : « dans 6 mois c'est fini ».

L'autre pousse, celle concernant le moral des industriels qui à défaut de s'effondrer s'est stabilisée, masque un autre fait. En effet, si l'industrie tourne seulement à 74 % de sa capacité, c'est a dire au minimum, d'autres pans de l'économie sont seulement en train de s'effondrer.

Ainsi après l'immobilier résidentiel, c'est au tour de l'immobilier commercial de s'effondrer. En effet, entre les sociétés qui louaient les immeubles et ayant fait faillite, et le surendettement des sociétés qui géraient ces immeubles, on connait une hausse des faillites dans le secteur devenant inquiétant. Autrement dit, si une partie du secteur est déjà laminé, l'autre va seulement connaitre la crise.

De la même manière, si l'industrie de l'automobile est maintenant stabilisée grâce aux subventions à la production (via les emprunts) et à l'achat (via les primes à la casse) qui permet à l'industrie auto de tenir, c'est maintenant un autre secteur, tout aussi important au niveau de l'emploi de craquer.

J'ai nommé l'aviation ! En effet, après le pétrole, voici la grippe et la crise qui ont fini par avoir la peau de ce secteur. Entre surcapacités pour un marché qui s'est largement réduit (les particuliers n'ayant pas d'argent pour les voyages, et les hommes d'affaires qui ont moins d'affaires à faire), presque aucune entreprise de transport aérien n'a fait des bénéfices et même certaines parmi les plus grandes commencent à sentir méchamment le roussi.

On se demande d'ailleurs comment les États vont faire pour aider ces entreprises sans les nationaliser, peut être avec une prime au recyclage de papier de billet d'avion afin de pousser les gens à prendre un autre vol? Mais je fais confiance à l'ingéniosité des États pour prendre des vessies pour des lanternes.

Au final, quitte à poursuivre et mettre au pilori les fausses idées de reprise, je me permets de vous donner ces quelques graphiques :

  • Si le Baltic Dry Index qui montre l'état du commerce mondial augmente en raison des emplettes de la Chine qui a décidé de remplir ces entrepôts tant que ce n’est pas cher,

Cliquer ici pour obtenir la vue originale

  • L'indice suivant, qui concerne tout simplement le transport du fret américain prouvent sans aucune autre sentence possible que l'économie américaine n'a toujours pas vu la moindre reprise :

image postée par l
En marge de cela, j'en profite pour fêter un petit évènement, en effet, une 40e banque américaine vient de faire faillite, toutes mes félicitations à leurs propriétaires ruinées.

D'ailleurs, comme je suis rancunier, j'en profite pour joindre un dernier graphique, montrant l'évolution du chômage aux USA, en vous rappelant que le pire scénario prévu pour les stress tests est depuis un moment déjà dépassé, mais cela n'a pas empêché 10 banques américaines de rembourser leur emprunt à l'État notamment : JP Morgan, Morgan Stanley et Goldman Sachs.

Cliquer ici pour obtenir la vue originale
Mais d'après vous, si les scénarios des stress tests sont déjà dépassés et que le rythme des gens et entreprises insolvable continue lui de progresser et d'accélérer, que va t'il se passer pour ces banques si elles ne sont jamais rembourser ?

Allez je vous donne un indice : C'est ce que les États tente d'éviter de dire lorsqu'elles en prennent le contrôle, et jurant par tous les dieux qu'elles les relâcheront le plus vite possible?


Comme je vous l'avais annoncé, les greens shots viennent donc de passer au lance-flamme, surtout au regard d'indice de plus en plus contradictoire signe incontestable qu'il y a anguille sous roche.

En effet, à l'instar du nombre de chômeurs, plusieurs indices, notamment manufacturiers, annoncent une nouvelle dégradation de l'économie, alors que l'autre moitié continue leur "ralentissement de la dégradation". Résultat, la bourse ne sait plus sur quel pied danser, et monte quand ont publié les indices de ralentissement, et descend lorsque les indices indiquent une dégradation, avec comme conséquence, que la bourse fait du surplace.

Ce qui m'amuse, c'est que personne ne semble comprendre, qu'il s'agit simplement d'une transmission du choc économique et que l'économie n'avait pas encore été touchée dans son ensemble.

À la vue des stats, il me semble évident que c'est le secteur tertiaire qui maintenant s'effondre. D'ailleurs, c'est vraiment quelque chose qui m'étonne, aux USA, on se base sur un indice manufacturier pour déterminer l'état de l'économie, alors que l'économie US tourne surtout sur les services.

Ainsi donc, l'industrie donnera la température de l'économie américaine. Curieusement aucun indice n'existe pour mesurer le tertiaire, pourtant bien plus important. Seuls des indices indirects sont utilisés, tels les sous-catégories de l'indice des prix, ou bien le prix moyen de l'immobilier commercial.

Bref, rien ne permet de dire catégoriquement si le tertiaire est en train de s'effondrer.

Pourtant, au regard des pertes d'emploi de ce mois, on remarque une progression très net des licenciements dans le tertiaire, alors que le secondaire ralenti le rythme.

Pour moi il s'agit bien là d'une conclusion : le tertiaire américain va mal, et commence à vider les bureaux et le secondaire tourne déjà au minimum.

Autre point sur lequel je souhaite intervenir aujourd'hui, il s'agit de l'impact médiatique de la crise, qui s'amenuise de semaine en semaine, au point qu'il faille maintenant chercher l'information soi-même.

Ainsi donc aujourd'hui, 7 nouvelles banques US viennent de fermer. De plus, ces banques pesaient quand même près de 2 milliards de dollars. Et toutes sont mortes à cause de CDO. Pourtant, ces informations, je les ai obtenus, non pas par boursorama, ou par le figaro, mais dans un obscur blog.

Bref, les médias semblent curieusement masquer la réalité pour l'occasion. Passe encore que la télé ou la radio n'en parle plus... mais que les rubriques éco des grands journaux ou les sites spécialisés passe l'info sous silence, me pose un problème.

Et c'est bien là le problème... et c'est aussi probablement pour ça que le marché devient si chaotique, et que celui-ci patine totalement dans la semoule en ce moment, au point d'être systématiquement surpris à chaque mauvaise nouvelle.

L'inconvénient de cette méthode, c'est qu'à force de ne rien dire, si un gros truc s'effondre, personne le verra venir, et on sera reparti comme si on venait de démarrer la crise (et qu'on soit obligé de se retaper toute l'histoire de la destruction d'emploi et autres conséquences depuis le début) car la confiance s'évaporera totalement une nouvelle fois.

L'avantage de la méthode par contre, est de vouloir redonner confiance, car c'est en ne parlant pas des problèmes... qu'il n'y a pas de problèmes. C'est une stratégie osée, mais je pense que beaucoup préfèrent sincèrement l'illusion que tout va bien dans le meilleur des mondes que la réalité. Bref, les acteurs économiques sont tous prêts à fermer les yeux.

Reste que je suis convaincu qu'avec la fragilité extrême du système qui n'a jamais été aussi vulnérable qu'aujourd'hui, le moindre attentat bien placé contre les exploitations de pétrole ou la moindre faillite d'une banque de taille honorable est capable de nous ramener au tout début de la crise, et qu'on a le droit à un nouveau remake du désastre, mais avec cette fois, un game-over pour les banques et les états.

Et si alors cela survient, il nous restera une seule, mais terrible question : « si tout a échoué et que notre modèle s'effondre, on fait quoi maintenant ? "

 

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