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Fin 2008, LEAP/E2020 annonçait que 2009 s'annonçait comme le début de la guerre des monnaies et d'un bouleversement monétaire.
Ces mots m'évoquait une évolution des monnaies erratique, mouvementés, anarchiques et incontrôlables. Ou une monnaie devient la plus forte aujourd'hui pendant que les autres dévissent, et le lendemain, une autre prends ce rôle suite à une mauvaise nouvelle macro-économique.
En conséquence dans ce monde là, le commerce mondial se disloque et l'économie tout court s'autodétruit.
Évidemment, j'avais oublié l'habitude de LEAP/E2020 de s'exclamer trop fort pour pas grand chose. Mais il n'empêche que si l'usage des mots "guerre" et "bouleversement" me semble bien fort, il y a du vrai. Mais encore aurais t-il fallu savoir que l'on parlait de l'usage des monnaies!
Bouleversement dans les usages. En effet, la monnaie la plus faible n'est plus le yen, mais le dollar (par le taux d'intérêt et sa disponibilité). Et les économistes américains horrifiés par de telles pratiques, en prennent surtout pour leur égo nationaliste car de tels méthodes peut se traduire par: "on fait de l'argent chez les autres à partir de notre argent", alors qu'avant "on faisait de l'argent chez nous avec l'argent des autres". Psychologiquement parlant, la deuxième phrase est nettement plus sympathique que la première. Mais dans le fond, elle ne change pas grand chose, dans les deux cas, c'est du carry tarding, et l'argent revient à la maison à la fin.
Quant à la guerre des monnaies? Et bien elle n’est pas entre États comme je n'aurais cru, c'est a dire les états tentant de dévaluer leur propre monnaie plus vite que leur voisin dans le but de réduire leur dette au plus vite. La guerre des monnaies est plus subtile que ca. Elle concerne tout simplement l'usage et sa circulation de celle ci. Par exemple, on n'en parle pas vraiment, mais la circulation mondiale des billets est ralentie, tout logiquement parce que le monde épargne (ou réduit sa dette selon les cas) et donc l'argent bouge moins.
Pire, certains pays subissent un affront au niveau de leur monnaie, non pas de l'ennemi extérieur, mais de l'ennemi intérieur. De quoi je parle? D'une initiative en Grande Bretagne, lancé par des commerçants de Londres. Qui ont décidés de créer une monnaie locale : "Brixton pound". Il s'agit d'une monnaie uniquement valable dans un quartier du sud de Londres, son objectif est de rester local afin de permettre à l'argent de circuler dans le quartier et de s'assurer que l'argent ne quitte pas le cycle local. Bref une sorte de monnaie antimondialisation.
Mais si on regarde d'un niveau plus haut cette chose, certains pourrait l'interpréter comme le fait que les britanniques se méfie de leur propre monnaie? Or une monnaie n'a de valeur que si elle est acceptée comme moyen de paiement par tous! Mais pas de panique, le cours du "Brixton pound" est simple : 1 "Brixton pound" = 1 Livre. Donc aucun risque de dévaluation ou de disparition de la livre. Simplement un effet psychologique encore.
Par contre, et cela reste toujours vrai, la valeur d'une monnaie par rapport aux autres correspond encore et toujours à la puissance économique de ce pays par rapport aux autres. Et il faut le reconnaitre, la livre refait comme en janvier, c'est à dire, bientôt à l'équilibre avec l'Euro. Nous en sommes déjà à 0,9 livre pour 1 euro. Bref, économiquement parlant, l'Angleterre continue de couler.
De la même manière l'euro gravite dans les 1,48 € = 1 dollar. Il faut dire que les chiffres encourageants du taux de croissance de la France et de l'Allemagne y sont pour quelque chose.
Pour le moment de tels niveaux n'est pas un problème en ce moment, du fait que le commerce mondiale est encore en ruine et que la croissance que l'on semble voir ici est surtout due au marché intérieur des différents pays concerné conjugué aux plans de relances de ces mêmes pays.
Mais quand la reprise sera effective (en 2010). Ces problèmes pourraient nous couter cher pour le redémarrage! D'ailleurs je suspecte fortement la BCE d'avoir dans ces cartons une hausse des taux directeurs pour réduire la pression.
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